6 2 6 3 Avec Tic, Fred Ballin poursuit son exploration du temps en détournant un objet du quotidien. Ici, le support métallique devient le théâtre d’un cosmos éclaté. Sur le noir profond du fond, l’artiste déploie une myriade de points et de traits colorés — rouges, or, bleus, violets, blancs — comme autant de particules en suspension dans l’espace. Les éclaboussures pigmentées évoquent un univers en perpétuel mouvement, une constellation chaotique où chaque élément semble animé d’une énergie propre.
L’ajout du mécanisme d’horloge, avec ses aiguilles dorées, installe un contraste entre la précision mécanique et le tumulte pictural. Les contours de l’objet, ourlés de coulures métalliques et de touches incandescentes, rappellent que même la matière la plus humble peut être transfigurée en paysage cosmique.
Tic illustre la capacité de Fred Ballin à faire dialoguer la rigueur du temps avec l’imprévisible du geste. L’oeuvre se situe entre la fonction utilitaire et l’abstraction pure, brouillant volontairement les frontières entre art et objet. Là où le cadran devrait imposer son ordre, ce sont au contraire les éclats de peinture qui dictent leur rythme, comme une pluie d’étoiles indisciplinées.
La pièce joue avec l’héritage de l’art gestuel et de l’action painting, tout en conservant une dimension sculpturale et artisanale. Elle n’est pas seulement une horloge, mais un manifeste sur l’impossible maîtrise du temps : l’instant s’échappe, éclaboussé de couleurs.





