Avec Vitalisation, Fred Ballin poursuit son exploration sensorielle du bois brûlé, transformé en un organisme vivant. L’artiste y représente l’entrelacement des systèmes veineux, lymphatiques et respiratoires, ces réseaux invisibles qui irriguent et maintiennent la vie. Les lignes rouges, bleues, violettes et orangées s’enchevêtrent, serpentant sur la surface calcinée comme autant de flux vitaux en mouvement. Chaque sillon semble animé d’une pulsation interne, rappelant le battement d’un coeur ou la respiration d’un être endormi sous la matière.
Les débordements sur le cadre figurent les plaies et maladies qui altèrent ces systèmes, tandis que les couches du cadre elles-mêmes incarnent l’épiderme et le derme, cette frontière fragile entre l’intérieur et l’extérieur, entre la chair et le monde. Le cadre n’est plus ici un simple contour, mais un prolongement du corps pictural, un espace où la blessure déborde, où la vie excède les limites qu’on lui impose.
Le bois brûlé, scarifié par le feu, offre un socle noir, dense et respirant, sur lequel viennent se greffer ces veines colorées. Par endroits, la matière s’épaissit, coule, suinte presque : la peinture devient peau, liquide, flux. Vitalisation évoque alors un système vivant à ciel ouvert, où les circuits de la vie et ceux de la création se confondent.
Vitalisation illustre la tension essentielle au coeur de la démarche de Fred Ballin : celle entre la destruction et la renaissance, entre la ruine et la régénération. Ce qui semble mort — le bois carbonisé — redevient ici matrice d’énergie. Les pigments flamboyants qui traversent la surface raniment la matière, comme un sang nouveau circulant dans un corps ancien.
L’oeuvre se lit à plusieurs niveaux : biologique, métaphorique, spirituel. Elle évoque la physiologie du vivant autant que celle du monde, la circulation invisible des forces vitales qui relient l’homme à la nature. Les strates, les débordements, les blessures colorées traduisent la fragilité et la persistance du vivant, sa capacité à se réparer, à s’inventer d’autres formes.
Fred Ballin signe ici une oeuvre organique, presque anatomique, où la peinture devient un acte de soin, une opération de réanimation. Entre art et biologie, Vitalisation fait de la matière blessée un corps en guérison, vibrant, traversé de lumière et de s





