Avec Origine, Fred Ballin plonge au coeur d’un dialogue primitif entre la matière brûlée et la lumière de l’or. La surface calcinée, parcourue de craquelures profondes, évoque une terre ancestrale, noire et fertile, d’où surgissent des veines dorées semblables à des racines, des réseaux ou des cartographies intérieures. Ces lignes, appliquées avec minutie, semblent relier des foyers d’énergie représentés par des amas de clous de cuivre et des coulures argentées. L’effet est à la fois organique et minéral, comme si la mémoire du bois conservait les stigmates du feu pour mieux se régénérer. L’or, posé en contraste, ne masque pas la brûlure : il la révèle et la magnifie.
Origine incarne la philosophie esthétique de Fred Ballin : transformer la destruction en matrice créatrice. Ici, le support calciné n’est pas une fin mais un commencement, une surface où le feu a ouvert des sillons dans lesquels l’artiste insuffle une nouvelle vie. La dualité est frappante : la noirceur tragique du bois brûlé se trouve transcendée par l’éclat solaire du doré, tandis que les éclats de cuivre et d’argent ajoutent une dimension tellurique et cosmique. L’oeuvre s’impose comme une réflexion sur les cycles, sur la genèse et sur la permanence d’une énergie vitale qui circule malgré la dévastation. Elle s’apparente à une cosmogonie conte





