Avec Mosaic, Fred Ballin déploie une composition monumentale où la matière brûlée devient le théâtre d’un réseau complexe et vibrant. Le bois calciné, strié de veinures naturelles, est recouvert de lignes dorées et blanches qui se ramifient comme des racines ou des circuits souterrains. Ces fissures, issues du feu, sont rehaussées par des éclats colorés — rouges, bleus, oranges, ors — qui jaillissent tels des fragments de mosaïque dispersés dans un paysage sombre.
Des incrustations métalliques, plaques de cuivre et coulures argentées, rythment la surface comme des cicatrices brillantes. Elles renforcent cette idée d’une matière réparée, sublimée, où la fracture devient signe et mémoire. Chaque détail agit comme une cellule incandescente, un foyer d’énergie qui fait vibrer l’ensemble. L’oeuvre se lit à la fois comme une carte organique, une constellation et une fresque alchimique.
Mosaic illustre parfaitement l’art de Fred Ballin : transformer la blessure en beauté, la faille en langage. Ici, la surface n’est pas décorative mais habitée. Le bois calciné garde la mémoire de la combustion, tandis que les pigments et les métaux redonnent souffle et vitalité. L’oeil explore les sillons comme un labyrinthe, mais c’est aussi la main, par empathie, qui imagine les reliefs, les rugosités, les aspérités.
Cette dimension tactile est essentielle : l’oeuvre s’impose comme une sculpture murale, un territoire à parcourir plus qu’une simple image à contempler. Fred Ballin fait dialoguer destruction et renaissance, chaos et harmonie, archaïque et contemporain. Avec Mosaic, il propose une métaphore du vivant, marqué par les cicatrices mais traversé par une énergie qui persiste et éclaire.





