Avec Décadence 2, Fred Ballin poursuit son exploration des matières calcinées et des incrustations métalliques en orchestrant une véritable partition visuelle entre l’ombre et la lumière. Le bois brûlé, parcouru de veinures blanches, jaunes et rouges, est traversé par une large bande argentée qui scinde l’espace pictural comme une cicatrice étincelante. Autour, le cuivre martelé, les nappes d’or et les torsades de métal apportent une densité presque sculpturale à l’ensemble. Les amas de petites pastilles de cuivre se déploient en grappes, évoquant à la fois des constellations, des colonies vivantes ou des fragments de monnaie ancienne.
Le relief accentué, renforcé par les coulures et les craquelures, transforme la surface en paysage tactile : un territoire fissuré où la matière devient mémoire, où chaque éclat métallique dialogue avec la noirceur du bois brûlé.
Décadence 2 est une oeuvre où Fred Ballin conjugue effondrement et renaissance. Le titre, volontairement fort, suggère la chute des systèmes – économiques, culturels, humains – mais la composition, elle, montre aussi la persistance d’une énergie créatrice. Le cuivre, symbole de circulation et de richesse, vient s’opposer au bois calciné, mémoire du feu et de la destruction. L’argent et l’or, déposés en éclats ou en nappes, semblent tenter de réparer la fracture, comme un geste de kintsugi contemporain.
Cette tension entre beauté et ruine, entre éclat et cendre, inscrit l’oeuvre dans une esthétique du paradoxe. La surface peinte devient un palimpseste où se lit le passage du temps, la fragilité des civilisations et la capacité de l’art à sublimer la pert












