Avec Brute 2, Fred Ballin explore la tension entre la matière brute et l’intervention humaine. Le bois calciné, parcouru de réseaux de craquelures rouges, jaunes et blanches, sert de matrice à l’insertion de fragments métalliques. Des rubans de cuivre et de laiton, rivetés sur la surface, s’enroulent et se déploient comme des éclats figés d’un mouvement en cours. Les projections argentées débordant du cadre semblent vouloir briser les limites imposées à l’oeuvre, donnant l’impression que la matière excède son support.
La trame incandescente du bois, scarifiée par le feu, contraste avec la froideur des métaux et la solidité des clous de cuivre, créant un dialogue constant entre destruction, réparation et élévation.
Brute 2 s’inscrit dans une esthétique du choc visuel et tactile. L’artiste joue sur la rugosité et l’énergie des matériaux pour produire une oeuvre où la violence du feu et la dureté du métal se transforment en langage plastique. On y retrouve le geste alchimique cher à Fred Ballin : faire dialoguer des éléments antagonistes pour les transcender.
Cette oeuvre n’est pas seulement une composition plastique, elle est une métaphore de la condition humaine : fissurée, contrainte, marquée par des accidents, mais toujours traversée par des forces de résistance et d’élan vital. Le débordement du cadre agit comme une contestation des frontières, une affirmation que l’art ne saurait être enfermé









