Avec Brute n°1, Fred Ballin explore la part la plus instinctive et viscérale de sa création. Cette oeuvre inaugure une série où la rudesse des matériaux devient langage, où la colère se transforme en matière. Le bois brûlé, nervuré de traces dorées et argentées, sert ici de champ d’expression à une énergie contenue — celle des tourbillons intérieurs et des convulsions du monde.
Les spirales, tourbillons et circonvolutions de peinture évoquent autant les vicissitudes de la vie que les mouvements chaotiques de nos sociétés. Les clous, plus ou moins enfoncés, sont autant d’épreuves symboliques : écueils, blessures, chagrins, larmes pétrifiées dans le métal. Ballin y inscrit la douleur, mais aussi la résilience.
L’artiste intègre le cadre à l’oeuvre elle-même : les coulures le traversent, abolissant la frontière entre contenant et contenu. Ce choix n’est pas fortuit. En mêlant cadre ancien et création contemporaine, il affirme que “la vie mérite d’être bien encadrée” — accompagnée, mais jamais enfermée. L’objet d’exposition devient ainsi prolongement du geste créateur, à la fois limite et respiration.
Les matériaux — cuivre, étain, aluminium, clous — sont mis en tension : masses lourdes et surfaces lisses, éclats lumineux et zones sombres, vernis et brûlures. Chaque élément dialogue avec les autres dans une verticalité habitée, presque spirituelle. Brute n°1 est une oeuvre cathartique : la colère s’y fait forme, la douleur s’y fait énergie.
Brute n°1 incarne la puissance expressive de Fred Ballin au moment où la matière devient miroir de l’âme. Rien n’est ici décoratif : tout est geste, trace, émotion. Le feu et le métal s’affrontent, le cadre tente de contenir la déflagration — sans jamais y parvenir tout à fait. L’artiste construit une tension entre contrainte et débordement, entre équilibre et excès.
L’oeuvre vibre d’une intensité presque physique. Elle semble respirer, tant la matière y conserve sa vie propre. Le spectateur oscille entre fascination et malaise, attiré par la beauté brute, repoussé par la violence des textures. Cette ambivalence en fait toute la force.
Dans Brute n°1, Fred Ballin ne cherche pas à apaiser : il expose la fracture, la colère, la trace des épreuves. Et c’est précisément là que naît le sacré — dans cette lutte entre





